mardi 11 septembre 2018

Mon second accouchement... en plateau technique

Il y a un peu plus de 7 mois, je donnais naissance à E., mon second bébé.
Une belle naissance en Plateau Technique, une expérience magnifique dont voici le récit...
***
Ma fin de grossesse est épuisante. J’ai depuis plusieurs mois des douleurs au niveau du bassin et beaucoup, beaucoup de contractions légèrement douloureuses, en particulier lorsque j’allaite mon fils aîné de presque 2 ans et demi.

J-1 (3 jours avant ma DPA)
Le matin, je me suis levée pleine d’énergie, après une bonne nuit de sommeil. Ça faisait très longtemps que je n’avais pas aussi bien dormi.
J’ai perdu mon bouchon muqueux il y a 3 jours. J’attend donc avec impatience le début du travail, et je profite au maximum du temps passé en tête à tête avec mon fils. Je prépare la maison, m'occupe des derniers détails. Le soir, je me couche fatiguée de cette journée passée à m’activer.
Tout est vraiment prêt pour ton arrivée maintenant, mon bébé. J’ai tellement hâte de te rencontrer...

Jour J - 2h30
Je suis réveillée par des contractions douloureuses mais supportables et toutes les 5 à 10 minutes. Je sens que c’est pour aujourd'hui, je reconnais le début du travail.
Je suis pleine d’énergie.
J’envoie un mail urgent, je mange, je me douche, j’écoute de la musique, j’utilise ma bouillotte, je marche dans la maison.
5h
Les contractions deviennent plus douloureuses.
Après une bonne demi heure, je monte réveiller D., mon compagnon. Je lui dit de se réveiller tranquillement et de me rejoindre, que c’est pour aujourd'hui et pour bientôt.
Il descend, se douche, prévient ses collègues qu’il n’ira pas travailler ce matin.
Vers 6h
Je décide de prévenir ma sage femme et mes parents pour qu’ils se préparent à venir garder mon aîné. Les contractions sont déjà très douloureuses, et j’ai du mal à parler lorsqu’elles sont là.
Un peu avant 7h
Le travail se calme. Je suis très fatiguée, j’ai envie de me coucher, de dormir.
Et je suis inquiète. J’ai peur de m’être trompée, d’avoir fait venir tout le monde pour rien…
Et puis, je me demande comment ça va se passer entre mon fils et ses grands parents, qui ne l’ont jamais gardé seuls, ni très longtemps.
Mes parents puis ma sage femme (C.) arrivent. Je me lève pour les accueillir.
C. m’examine, col mou et ouvert à 1, il n’a pas bougé. Monito : RAS. Elle me dit que j’accoucherais peut-être ce soir...je ne la sens pas convaincue…
Je suis triste, déçue, je culpabilise, je me sens trahie par mon corps. J’étais pourtant sûre d’avoir reconnu le début du travail et je pensais qu'il avait déjà bien avancé !
Je ne pourrais pas tenir jusqu'à ce soir avec cette douleur et cette fatigue !
Mon compagnon me rejoint. C. nous montre quelques positions pour aider à faire descendre bébé, puis repart pour assurer ses consultations.
Mon 2 ans et demi s’est levé, il déjeune avec son papa et ses grands parents.
Le travail reprends tranquillement, je gère les contractions, l’une après l’autre. Je retrouve de l’énergie. Entre deux, je bois plusieurs tasses de tisane, je discute avec mes parents, je me déplace dans la maison, j’utilise le ballon. La douleur reste identique pendant plusieurs heures...
11h30
Je me sens à nouveau subitement très fatiguée. J’ai besoin de m’isoler.
Cette fois, je décide d’aller dans la chambre d’ami pour me reposer. Je sais que mon fils est avec ses grands parents, que ça se passe bien, je peux maintenant lâcher prise et me concentrer sur ce qui se passe dans mon corps.
Dans l’obscurité de la pièce, je me positionne accroupie sur le canapé, jambes écartées, en appui en avant contre un gros coussin. Je ne sais pas pourquoi, cette position bizarre me soulage.
Après de longues minutes dans cette position, je m’allonge. Mon compagnon me rejoint, il se couche derrière moi avec une bouillotte, me masse le dos. La chaleur me fait du bien.
Un moment d’une grande douceur
12h20
D’un coup tout s’accélère.
3 contractions très intenses et rapprochées passent, que j'accompagne de sons graves.
J’ai besoin d’aller aux toilettes !
Je dis à D. qu’il faut y aller, là, maintenant ! Que si on reste 5 minutes de plus, je ne pars plus !
Vite ! Il charge les affaires dans la voiture, envoie un message à notre sage femme et on démarre !
50 min de trajet, j’ai l’impression qu’on ne va jamais arriver à temps !!!
A chaque contractions, je m’accroche à l’appui tête et à la poignée passager. C’est intense ! Les sons graves que je fais m’aident à supporter la douleur.
Entre les contractions, je me sens plutôt bien, j’arrive à discuter.
Je regarde les minutes défiler sur le cadrant du GPS.
Nous arrivons enfin à la maternité. Avec mon compagnon, nous nous détendons et nous amusons presque de la situation. Je peste contre les automobilistes qui ont décidé de rouler trop lentement ...
13h20
Nous entrons sur le parking de la maternité. La douleur est si forte...j’espère vraiment que cette fois, le col a bougé. Je ne pourrais plus supporter ça très longtemps...
D. se gare rapidement devant les portes, nous prenons l’ascenseur, il sonne à l’interphone.
Ma sage femme et sa collègue sont là pour nous accueillir. Elles ont tout préparé.
Je leurs dis que j’ai vraiment besoin d’aller aux toilettes !!!!! Ma sage-femme me demande si j’ai envie de pousser, mais je ne sais pas si c’est ça, les sensations sont différentes de celles que j’ai eu lors de mon premier accouchement.
Elle propose de m'examiner avant. J’accepte de la suivre.
Pendant ce temps, mon compagnon retourne en vitesse garer la voiture.
13h30
J’entre dans la salle, j’enlève mon legging, je m’allonge sur la table, C. m’examine, et là… surprise ! … Bébé arrive, on voit déjà sa tête !!
Sa collègue essaye de contacter le papa pour qu’il vienne vite mais le téléphone ne fonctionne pas.
Je lui dis que tant pis, je m’en fiche, on fera sans lui ! Je ne peux pas attendre, ça pousse tout seul, et ça fait maaaal !
Ma sage femme me propose de me mettre sur le côté. Un bruit de sonnette à l’entrée. Je hurle. La seconde sage femme ouvre au papa.
13h35
D. entre dans la pièce, jette son sac au sol et aperçoit la tête de bébé. C. lui dit de se tenir prêt à l’accueillir, et... deux poussées plus tard...elle est née !
Je suis un peu sous le choc. Ça a été tellement rapide, tellement intense !
Elle pleure beaucoup. Je crois que la sortie a été rude pour elle aussi.
Je la regarde, on se découvre. Le temps est comme suspendu. Elle est si belle...
Le cordon cesse rapidement de battre. Son papa le coupe.
Le placenta sort. La sage-femme me le montre. Je suis étonnée de découvrir en détail cette interface qui a permis à mon bébé de grandir dans mon ventre...
Du peau à peau avec le papa.
Un peu de couture.
La première tétée...
Une fois habillée, enfin, Elina s’apaise….
Nous restons 4h dans la salle d'accouchement.
Nous reprenons tranquillement des forces (repas, douche, habillage), puis rentrons à la maison accompagnés de notre sage femme.
Nous retrouvons notre fils, serein, et mes parents.

La rencontre entre frère et soeur est belle et tendre. La première co-tétée, bien qu’un peu maladroite, aussi.
Notre sage femme rentre ensuite chez elle, et nous montons nous coucher pour une première nuit en cododo, tous ensemble.
Je suis exténuée… mais tellement heureuse !

 Aujourd'hui, Elina a 7 mois. Je repense encore souvent à mon accouchement.
C’était intense, magique, j’en garde un merveilleux souvenir (même si avec le recul, je me rends compte que 50 min de trajet, ça faisait beaucoup, et que j’étais à deux doigts d’accoucher dans la voiture…).
Avec mon compagnon on se dit que si, un jour, on décide d’avoir un autre enfant, et si la grossesse le permet, on tentera sans doute un accouchement à domicile...
 ***
Merci de m'avoir lue ! J'espère que ce récit pourra être utile à d'autre mamans en recherche de témoignages !
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